URSSAF, mon amour...

Ça ne m'étonne pas qu'il y ait de plus en plus de bandits, de crevards, de crasseux et de jemenfoutistes. Il y a 7 mois, ayant une activité beaucoup plus proche de la photo que de l'infographie, je décide de me concentrer sur la photo. Changement de statut, je deviens "auteur-photographe", et fait donc la déclaration correspondante à l'URSSAF, après avoir clos ma précédente boite. Je remplis donc, bien dans les cases, le CERFA n°11921*03, et leur envoie.

1 mois après, je reçois un courrier de l'INSEE m'informant que mon entreprise a été enregistrée. Oui, mais... Avec le mauvais code activité. Pas celui des auteurs photographes, mais un autre.
Pour faire court, ça peut me poser des soucis dans mon activité. Putain, je remplis un CERFA, avec le bon code, et ces troufions sont pas foutus capables de recopier les cases?? Bon, l'erreur est humaine... Mouais. Quand il s'agit de vous faire casquer des charges, ils ne font jamais d'erreur.

Depuis 7 mois, je fais le ping-pong entre les URSSAF, l'AGESSA (organisme dont dépendent les auteurs photographes), et l'INSEE. Juste pour faire changer un putain de numéro.

Appelez les URSSAF de chez vous, pour rire. Je paie un restau à celui qui les obtient en moins de 10 minutes. Rien qu'aujourd'hui, j'ai appelé une première fois (13 minutes de disque, je connais leur putain de musique de merde par
cœur), puis une deuxième (27 minutes). Personne n'a décroché.

Je reste calme et décide d'aller, pour en finir, aux URSSAF de mon département. Las! Ces abrutis (y'a pas d'autres mots) ne reçoivent que sur rendez-vous depuis Mars. Devant les vitres, 3 artisans et un chef de PME sont comme moi, comme des cons. Un des artisans a un souci de charges qui déconnent et cherche à se faire rembourser un trop perçu par les URSSAF. Il fulmine, d'autant qu'un type surchargé nous mate au travers de sa vitre, un kawa à la main.

Je reprend mon téléphone. Je jure devant Dieu que je le laisserai tourner tant que je n'aurais personne. Dites un chiffre? entre zéro et l'infini? 62. Soixante-deux minutes et trente sept secondes exactement, en deux fois, parce qu'à un moment, le central Orange a du fumer, et ça a coupé. Puis, miracle, halleluiah et toute ces sortes de choses, ça décroche.

Je pense que le pauvre type, appelons le "Arnaud" (comme dans les reportages "par souci de protection des témoins les noms ont été modifiés") va longtemps se souvenir de ma voix, et de ce funeste jour où il fut désigné, pauvre bizuth du bureau, pour décrocher ce %!*µ¤¤&! de téléphone qui sonne sans arrêt depuis 62 minutes. Je retranscris ici mot pour mot la conversation, au moins dans ses passages les plus savoureux.

J'explique la situation au pauvre garçon, qui semble avoir juste été parachuté de Pluton y'a 5 minutes.
LUI "Ah, oui, mais ça dépend pas de nous, mais de l'INSEE. C'est eux qu'il faudrait appeler."
MOI "Ah."
LUI "Oui"
MOI "Non"
LUI "Pardon?"
MOI "Monsieur, cette conversation est elle bien enregistrée?"
(le ton passe sur la défensive)
LUI "Oui, Monsieur XXXX". (Genre, "Attention, j'ai ton nom. Adolfo Ramirez, Police française, heil!")
MOI "D'ailleurs je m'aperçois que je n'ai pas compris le votre, de nom, au début de la conversation. Voudriez vous bien avoir l'obligeance de me le redonner?"
Blanc au bout du fil.
MOI : "Allo? Ne me dites pas que vous êtes parti, j'ai mis en tout 102 minutes à vous avoir. Ma démarche n'a rien de personnelle, mais comprenez, ça fait 7 mois que je cherche réponse alors que j'ai rempli comme il faut votre CERFA. Pour mon malheur, je suis tombé sur un employé bigleux, ou neuneu, ou les deux, et ça me met dans l'embarras depuis. Vous comprendrez que je ne veux pas vous lâcher..."
LUI "Monsieur ARNAUD X"
MOI Ah, merci.
LUI "Je vais aller voir le service à coté qui s'en occupe et je vous rappelle"
"STOP! Je ne comprends plus? Vos locaux jouxtent donc ceux de l'INSEE?"
-"Heu... N-Noon. Mais heu, un service chez nous s'occupe de ça, le Centre de Formalités, je vais aller les voir et vous rappeler".
- "STOOOP! Non, attendez, de peur que nous soyions de nouveau coupé, ou qu'il vous arrive un truc entre les deux bureaux, j'aurais besoin de plus de coordonnées. Votre Email, le nom du responsable du service en question, son téléphone, son mail, tout ce que vous pourrez me donner. Vous êtes une providence pour moi! L'INSEE, je les ai déjà appelé. L'AGESSA, aussi. Un bottage en touche ne m'aidera pas, d'autant que le CERFA était adressé aux URSSAF, c'est donc de vous que ça dépend."
En quelques phrases lénifiantes, je retourne mon interlocuteur, le faisant passer de la méfiance à la peur puis à l'espoir d'une issue. Il est une bénédiction pour moi, comprenez, enfin quelqu'un qui peut me renseigner, etc. Avec juste ce qu'il faut de sérieux.
Grosse manipulation, mais le type est trop content de s'en sortir à si bon compte. Il me balance presque tout l'organigramme, pour un peu j'aurais le numéro de la maitresse de son chef de service...

Bref, j'ai perdu aujourd'hui 2 heures de mon temps à cause d'un abruti qui un jour n'a pas su recopier mon CERFA.

Je vais pas lâcher M. Arnaud X. JA-MAIS. Y'en a, leur animal totem est l'ours, ou le tigre, ou l'aigle, bref un truc super noble. Ben moi mon animal totem est le morpion. Une fois que c'est accroché, c'est impossible à enlever.


A la prochaine révolution, il faudra commencer par brûler les URSSAF, qui rapporte du blé au pouvoir, mais en coûte beaucoup aux citoyens!